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Comment une souris d'animalerie peut-elle être vendue quelques euros ?

5 août
5 min de lecture

Quand on entre dans une animalerie, on trouve souvent des souris proposées à seulement quelques euros.

Alors forcément, une question vient rapidement :

Comment est-il possible de vendre un animal vivant à un prix aussi bas ?

La réponse n'est pas qu'elles "valent moins".

Elle est surtout liée à la façon dont elles sont produites.


Entrepôt de stockage contenant des palettes de sacs d'aliments pour animaux, illustrant les achats en très grande quantité réalisés dans les élevages de production.
Illustration générée par IA représentant un entrepôt de stockage d'aliments. Cette image est utilisée à titre illustratif.


Un objectif complètement différent


Avant toute chose, il faut comprendre qu'un élevage destiné à fournir les animaleries ne poursuit pas le même objectif qu'un élevage spécialisé.


Dans un élevage spécialisé, l'objectif est d'améliorer des lignées, de sélectionner les reproducteurs et de suivre chaque animal.


Dans un élevage de production, l'objectif est avant tout de produire suffisamment de souris pour alimenter les magasins.


Pour y parvenir, tout est pensé pour produire beaucoup, régulièrement, et au coût le plus faible possible.


C'est exactement comme une usine qui fabrique des milliers d'objets identiques : plus le volume augmente, plus le coût de chaque unité diminue.


Les souris ne sont malheureusement pas une exception à cette logique.




Chaque souris n'a pas une histoire... elle fait partie d'un lot


Dans un élevage spécialisé, chaque mariage est généralement réfléchi longtemps à l'avance. On choisit les futurs parents en fonction de leur caractère, de leur santé, de leur morphologie, de leur génétique ou encore des objectifs de sélection.


Dans un élevage de production, cette approche individuelle n'est généralement pas possible. Le nombre d'animaux est tout simplement trop important.


L'objectif est d'assurer une production régulière pour approvisionner les animaleries.


C'est aussi pour cette raison que, lorsque tu adoptes une souris en animalerie, il est souvent impossible de connaître son histoire.

Qui sont ses parents ? Ses grands-parents ? Y a-t-il des problèmes de santé récurrents dans sa lignée ? Quel âge avaient ses ancêtres lorsqu'ils sont décédés ?


La plupart du temps, personne ne peut répondre à ces questions.


Et ce n'est pas parce que ces informations sont volontairement cachées.


C'est simplement qu'elles ne suivent généralement pas les souris jusqu'à l'animalerie. Les vendeurs ne peuvent donc transmettre que les informations dont ils disposent.


En réalité, il est impossible de raconter l'histoire d'une souris... lorsque cette histoire s'est perdue en chemin.


Et quand on ne connaît pas l'histoire d'une famille, il devient également impossible d'anticiper ce qu'elle peut transmettre.


Les manipulations ? Une question de temps


Imagine un instant plusieurs centaines de souris.

Maintenant, imagine devoir passer seulement deux ou trois minutes avec chacune d'elles, chaque jour.


Rien que ça représenterait déjà des heures de travail.

Dans un élevage de production, les soigneurs doivent avant tout nourrir les animaux, nettoyer les installations, surveiller leur état de santé et assurer le bon fonctionnement de l'élevage. Leur priorité est que tous les animaux reçoivent les soins dont ils ont besoin.


Dans ces conditions, il devient tout simplement impossible de manipuler individuellement chaque souris de façon régulière.


Ce n'est pas forcément un manque d'envie.

C'est surtout une question de temps... et du nombre d'animaux à gérer.




Réduire les coûts... partout où c'est possible


Une souris ne peut pas être vendue quelques euros par magie.


Pour arriver à un prix aussi bas, il faut forcément réduire les dépenses à chaque étape.

La nourriture est achetée en très grandes quantités, tout comme la litière ou le matériel.


Acheter en volume permet de faire baisser considérablement les coûts.


Et lorsque tout est pensé pour gagner quelques centimes ou quelques minutes à chaque étape, ces économies finissent par représenter des sommes considérables.


Mais ce n'est pas tout.

Le temps est lui aussi une ressource précieuse.


Quand un élevage compte plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de souris, passer seulement quelques minutes de plus avec chacune représenterait des dizaines d'heures de travail supplémentaires.


Tout est donc organisé pour être le plus efficace possible : les achats, l'entretien, les reproductions et le temps consacré à chaque animal.


Mis bout à bout, tous ces éléments permettent de réduire fortement le coût de production d'une souris.


C'est ce qui explique qu'elle puisse ensuite être proposée à seulement quelques euros.




Cela signifie-t-il que les souris d'animalerie sont "mauvaises" ?


Non.

Beaucoup de personnes ont adopté des souris en animalerie qui ont vécu une belle vie.

Le but de cet article n'est pas de dire qu'il ne faut jamais y adopter.


Il est simplement d'expliquer pourquoi il est possible de proposer une souris à un prix aussi bas.


Car derrière ce tarif se cache un modèle de production entièrement pensé pour produire beaucoup, rapidement et à moindre coût.




Les erreurs de sexage... plus fréquentes qu'on ne le pense


C'est probablement l'une des situations les plus stressantes pour un nouveau propriétaire.


Tu rentres chez toi avec deux jolies petites femelles.

Quelques semaines plus tard...


Tu découvres une portée de huit, dix ou parfois même une quinzaine de petits. 😅

Non, ce n'est pas de la magie.


C'est simplement qu'une erreur de sexage s'est glissée quelque part.


Sexer une souris de quelques semaines demande de l'expérience, et plus elle est jeune, plus la différence entre un mâle et une femelle peut être discrète.


Dans une filière où les animaux passent entre plusieurs personnes avant d'arriver en animalerie, une seule erreur suffit à transformer une adoption en surprise.


Une seule erreur suffit.

Et malheureusement ce sont souvent les particuliers qui en subissent les conséquences en découvrant la surprise... plusieurs semaines plus tard.




Le transport et les changements d'environnement


Avant d'arriver dans son nouveau foyer, une souris d'animalerie a souvent déjà vécu plusieurs grands changements.


Elle naît dans un élevage de production.

Quelques semaines plus tard, souvent avant le sevrage... elle est transportée jusqu'à une animalerie.


Là-bas, tout est nouveau : les odeurs, les congénères, l'environnement, parfois même l'alimentation.

Puis, quelques jours ou quelques semaines plus tard, elle repart une nouvelle fois vers sa famille.


Pour un animal aussi petit, tous ces changements représentent forcément une source de stress.


À cela s'ajoutent les nombreux visiteurs qui passent devant les vitrines chaque jour. Certains frappent contre la vitre, d'autres essaient d'attirer les souris pour mieux les voir ou les faire réagir.

Même si l'intention est souvent bienveillante, cela ajoute encore des sollicitations à des animaux qui viennent à peine de s'adapter à leur nouvel environnement.


Imagine un instant...

Tu déménages.

Puis tu redéménages quelques jours plus tard.

Tu changes de maison.

De colocataires.

De nourriture.

Tu ne comprends pas vraiment ce qu'il se passe...


Et, toute la journée, des géants s'arrêtent devant ta fenêtre pour te regarder, taper contre la vitre ou essayer d'attirer ton attention.


Tu risques d'avoir envie qu'on te laisse souffler un peu, non ? 😅




Est-ce que cela correspond à ma vision de l'élevage ?


Non. Clairement pas.

C'est d'ailleurs l'une des principales raisons qui m'ont poussée à créer Nozumi Breizh.


Personnellement, je ne me reconnais pas dans un modèle où une souris est avant tout un produit qu'il faut produire en quantité.


Je comprends pourquoi ce système existe.

Je comprends également comment il permet de proposer des souris à un prix aussi bas.

Mais ce n'est tout simplement pas la vision que j'ai de l'élevage.


Pour moi, chaque portée doit avoir un objectif.


Chaque souris mérite d'être connue individuellement.

Chaque mariage mérite d'être réfléchi.


Et si cela signifie produire moins de souris, passer davantage de temps avec chacune d'elles et ne jamais chercher à faire du volume...

Alors c'est un choix que j'assume pleinement.


Cet article n'a pas pour objectif de culpabiliser les personnes qui ont adopté en animalerie. Beaucoup l'ont fait sans connaître le fonctionnement de cette filière.


Mon objectif est simplement d'expliquer ce qui se cache derrière une souris vendue quelques euros.


Parce qu'à mes yeux, une souris mérite mieux que d'être un simple numéro parmi des centaines d'autres.


Une souris ne choisit jamais où elle naît. En revanche, nous pouvons choisir le modèle que nous souhaitons soutenir.


Et demain...


Maintenant que tu sais comment fonctionne généralement un élevage destiné aux animaleries...

...je te propose de découvrir exactement l'inverse.


👉 Pourquoi une souris issue d'un élevage spécialisé coûte-t-elle plus cher ?


Tu verras que la différence de prix ne vient pas de la souris elle-même...

...mais de tout le travail invisible réalisé bien avant qu'elle arrive dans tes mains

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